Nouvelles Entretien avec la fondatrice et directrice exécutive des Femmes Africa Solidarité (FAS) Les rédacteurs du site web www.guineaecuatorialpress.com interviewe Bineta Diop, fondatrice et directrice exécutive de Femmes Africa Solidarité (FAS), élue par la revue TIME comme l’une des personnes les plus influentes du monde.

09/07/2011

Nous avons profité de la présence de madame Bineta Diop à l’occasion des travaux du 18ème avant-sommet sur les Femmes de l’Afrique, qui s’est déroulé dans la salle des réunions du parlement, pour nous pencher sur ses impressions concernant certains sujets d’actualité.

- Pouvez-vous nous parler de votre vie professionnelle?

- «En ce qui concerne ma vie professionnelle, j’ai commenc mon parcours en tant que coordinatrice des programmes pour la Commission internationale de juristes, où j’ai acquis beaucoup d’expérience sur les droits de l’homme en Afrique, en Asie et en Amérique Latine. J’ai également travaillé avec les Femmes solidaires d’Afrique dans de nombreux programmes sur la promotion de la paix, dont notamment la création du réseau Femmes pour la paix».

«Parmi tant d’autres responsabilités acquises, j’ai réalisé la construction d’un Centre panafricain pour le Genre, la paix et le développement au Sénégal. Ce centre renforcera le leadership africain sur les questions du Genre et la résolution pacifique des conflits. Le premier projet réalisé au sein de ce centre a été le Forum africain sur le Genre, qui a eu lieu au mois de mai 2005, et ensuite a eu lieu la première édition du Prix africain d'excellence en faveur du Genre (AGFA), attribué au président de Sénégal, Abdoulaye Wade, et à l’ancien président de l’Afrique du Sud, Thabo Mbeki».

- Comment vous sentez-vous après avoir été élue une des cent personnes les plus influentes du monde par la revue américaine TIME?

- «C’est tout un honneur pour moi de faire partie de cette liste et d’ailleurs d’être la seule femme africaine. Cependant, ce prix n’est pas que pour moi, il s’agit plutôt d’une reconnaissance des femmes africaines qui souffrent et qui luttent tous les jours. Aujourd’hui, je suis à Malabo pour célébrer cette reconnaissance et pour l’offrir à toutes les femmes de ce pays qui travaillent également en faveur des droits des femmes».

- Croyez-vous que ce prix honore le travail de toutes les femmes africaines?

- «Naturellement, mais surtout le travail des jeunes. Si nous observons les révolutions qui ont lieu en Afrique du Nord, nous nous rendons compte de l’importance de ces jeunes pour la société africaine. Ce prix est un défi. Les femmes africaines luttent également pour l’intégration des jeunes. Maintenant, nous devons leur donner les outils pour qu’elles parviennent à faire une révolution pacifique».

- Quel est votre avis sur la participation des femmes de Guinée, lors de ce 18ème avant-sommet du GIMAC, au sujet de l’intégration de la perspective du Genre dans l’Union africaine?

- Je suis très contente de toute la mobilisation menée par les femmes de Guinée équatoriale. Non seulement elles viennent à la conférence, mais elles y participent aussi d’une manière active. Le GIMAC est un forum de débat sur des questions sociales, économiques et politiques, c’est pour cela que c’est très important que ces femmes y participent activement et qu’elles écoutent également les expériences des femmes d’autres pays d’Afrique».

- Après ces deux jours de conférence, vous transmettrez les recommandations principales aux chefs d’État et de gouvernement de l’UA.

- «Nous apporterons des recommandations sur le changement climatique. D’ailleurs, nous souhaitons donner aux jeunes la chance de pouvoir également remettre leurs recommandations aux chefs d’État. Un autre sujet important sera la violence contre les femmes. Ce que nous souhaitons est dire tout haut  à la communauté internationale qu’elle s’implique, parce qu'il s’agit d’un sujet qui la concerne aussi».

Texte et photo: Sarilusi Tarifa King.

Bureau d’information et de presse de Guinée équatoriale (D. G. Base Internet).